Bruno Minguet,
portrait d’un artiste sculpteur du XXe siècle

Bruno Minguet est un artiste sculpteur sur bois contemporain. Après avoir longtemps incarné le sculpteur de la Cité Médiévale au Puy du Fou, il revient aujourd’hui à l’essence même de son Art et donne libre court à ses pulsions créatrices.

Qui travaille avec ses mains est “ouvrier”.
Qui travaille avec ses mains et sa tête est “artisan”.
Qui travaille avec ses mains, sa tête et son cœur est “artiste”.

Bruno Minguet pose devant fresque

L’enfance d’un sculpteur,
artiste ancré à la terre

Bruno Minguet est né le 20 mars 1959 à Chambretaud, petite commune vendéenne. Venir au monde le premier jour du printemps ; ce n’est pas anodin. Cette saison, caractérisée par une nature renaissante, un retour à la vie, forge durablement la personnalité de l’artiste. Ses premières années sont bercées par le rythme de la vie à la campagne, dans la ferme familiale. À l’écart des routes urbaines, ses sens se développent dans un environnement libre, terrestre et harmonieux. Ce sera l’inspiration et le fil conducteur de la production artistique de Bruno.

Histoire d’une rencontre décisive,
avec un sculpteur sur bois

Bruno devient apprenti chez un ancien du « Fier Métier » ; à 15 ans, il suit une formation de sculpteur sur bois. L’artiste d’aujourd’hui doit beaucoup à son maître d’apprentissage, il lui a tout enseigné : comment choisir les arbres mûrs, sécher les plots, comment préparer un morceau de bois pour la sculpture, le tour de main pour l’affutage des gouges, etc.
Une fois son savoir dispensé, le maître part à la retraite. Ainsi, âgé seulement de 23 ans, Bruno se lance dans l’entreprenariat, héritier d’un trésor de grande valeur : son prédécesseur lui a confié sa collection d’une centaine de gouges.

01L’ARTISTE SCULPTEUR PARTICIPE AU CONCOURS DU MEILLEUR OUVRIER DE FRANCE

De 1981 à 1983, il a trois ans pour réaliser son œuvre. La compétition lui apprend et le forme aux plus hautes difficultés du métier. Il figure en 1986 au concours d’œuvres d’art à Saint-Jean-de-Monts, où il y expose “La serpe du père Guitton“, le drame des Guerres de Vendée. L’année suivante, le 1er prix des Arts et Traditions lui est décerné, au salon des Métiers d’Arts régional à Nantes.

Les cherubins detail

02BRUNO EST PRESIDENT DE L’ASSOCIATION DES ARTISANS D’ART DE VENDEE DE 1989 A 1990.

Engagé et solidaire, l’artiste contemporain devient ensuite délégué départemental de la Vendée pour la SEMA (Société d’Encouragement des Métiers d’Art) en 1991. Il apporte son soutien à ses confrères durant 11 années.

Copeaux de bois et gouges atelier Bruno

03UN ARTISTE FRANÇAIS DANS LE TOURBILLON DES EXPOSITIONS

Bruno apprécie d’exposer aux yeux de tous ses réalisations, l’interaction avec le public le nourrit. Il expose massivement de 1990 à 1995, le jeune créateur vit une expérience formatrice. Pour autant, il n’aime pas la pression des compétitions et la rivalité entre artistes sculpteurs : le monde de l’art choisit ses idoles et érige en bien pensance sa vision du Beau. Le Nouveau, la provocation et l’excès sont les dogmes naissants, Bruno ne s’y reconnait pas, il se retire.
Il sait que le bois détient sa vérité : il est encore novice dans le métier, tout lui semble pourtant si simple ; sa façon de sculpter le bois est instinctive. Cet imparfait perfectionniste continue d’écrire son histoire hors des rivalités. L’été 1991, c’est au Puy-du-Fou que l’artiste vendéen vient s’installer en tant qu’artisan de la cité médiévale. Il passe 25 ans dans le Grand Parc : il y enseigne son art et fait des rencontres inoubliables.

« Dans la cité médiévale, j’ai incarné le sculpteur sur bois du Moyen Âge. Je sculptais devant mon public et lui présentais mes œuvres. La technique est difficile, la sculpture sur bois soulevait de nombreuses questions ; je répondais alors avec passion : c’est une chance de pouvoir faire découvrir cette noble matièreet ce beau métier qui se raréfie. »

L’artiste sculpteur
au service de l’artisan

La clientèle de Bruno s’installe petit à petit, qu’elle soit locale, nationale ou étrangère. Face aux commandes qu’il doit réaliser, le sculpteur ne peut s’empêcher d’y inscrire la Vie et le Mouvement. Même si les œuvres figuratives l’obligent à penser la réalité, sa touche artistique n’est jamais reléguée. Le métier d’artisan est une contrainte volontaire que s’inflige Bruno. En 2003, il accède au titre de “Maître artisan“ ; sa maîtrise technique et ses connaissances du métier sont couronnées.
Bruno Minguet en train de sculpter chien

Donner la vie,
un chamboulement

Bruno est bouleversé lorsqu’il apprend que sa famille s’agrandit ; après Elie et Quentin, la naissance de Claire s’annonce. Le papa laisse alors parler l’artiste en lui, et réalise une œuvre personnelle destinée à immortaliser cet événement : l’œuvre « la naissance de Claire » est née.

Marquée du sceau de l’artiste, l’œuvre porte en elle sa nourriture spirituelle et sa fascination pour la sémiologie. Comme un leitmotiv, le bois ancien et rugueux côtoie le bois sculpté et lisse, le damier apparait dans sa dimension symbolique avec les 4 éléments.

Cette fresque en bas-relief est un tournant dans son expressivité : il imagine la vie de Claire, et y reflète l’espoir, l’immortalité, et par-dessus tout l’amour.

Sculpture murale en bois, naissance

L’artiste contemporain
délivré


En puissance, Bruno est un artiste depuis le premier jour. En actes, il l’est depuis 2017. Cette transition est le fruit d’un travail réalisé sur deux ans, le temps de la dessiner, puis de la réaliser l’année suivante en 2018. Il s’agit d’une fresque, elle est intitulée « Mouvement de vie ». Une œuvre complexe et cruciale, allégorique de son histoire. Il y représente la rencontre avec son soi intérieur ; elle connote le fait que l’homme est en quête de liberté durant toute son existence, alors que cette même liberté se trouve à l’intérieur de chacun.

Pourquoi le bois ? Bruno l’ignore encore aujourd’hui, c’est inexplicable. La relation qu’il entretient avec cette matière vivante est ineffable. Une simple odeur dans son enfance a suffi pour qu’il tombe énamouré éternellement.
Ciseaux et copeaux de bois

Plus qu’un métier :
sculpter pour délivrer l’artiste

En livrant son parcours de vie, Bruno prend conscience qu’il est à la croisée des chemins : sculpter, révéler son énergie intérieure devient une nécessité. Il DOIT créer pour se libérer. Une fois achevées, ses créations appartiennent déjà au passé. L’artiste pense alors à l’œuvre, celle qui l’habite au présent et dont il va devoir accoucher, tel une femme gestante attendant la mise au monde de son enfant. Ses sculptures sont puissantes, Bruno leur transmet une énergie spirituelle indescriptible. Il entretient avec la matière bois une relation fusionnelle, charnelle ; il manipule cette matière avec délicatesse et sensualité. Les mains : organes mêmes de la sensibilité, sont essentielles pour lui. Tant qu’il peut s’en servir correctement, rien n’inquiète l’artiste sculpteur.

Le merisier emporte son adhésion totale, il est l’essence de ses débuts et reste un bois difficile à travailler. Il aime cette difficulté, elle lui permet de tempérer sa force. L’arbre est l’organisme vivant par excellence. Il grandit, se nourrit, s’embellit, et vieillit. La matière elle, ne meurt jamais ; ses œuvres survivront dans la postérité.